Wimereux… Un peu d’histoire

A l’aube du XIXe siècle, Wimereux n’est qu’une garenne à lapins. C’est l’empereur Napoléon 1er qui ordonna le 4 août 1806, la construction d’un port dans l’estuaire du Wimereux et d’une ville, destinée aux soldats de la Grande Armée. Abandonnées les velléités de conquêtes napoléoniennes, la garenne est rendue à ses occupants, les lapins. Jusqu’au jour de gloire de 1867 où arrive le train. Wimereux aura sa gare avant même d’exister !
Un an auparavant, Jean Lartigue, haut fonctionnaire des travaux publics, avait fait construire le premier « chalet ». Théophile Dobelle, l’ingénieur du viaduc, crée ensuite plusieurs hôtels. D’autres entrepreneurs leur emboîtent le pas, flairant le vent nouveau des plaisirs balnéaires.
Longtemps associée à la commune de Wimille, Wimereux forte de ses 328 villas s’émancipe et devient, en 1899, une commune à part entière. D’ailleurs, cette même année, Marconi et Branly y réussissent la première transmission sans fil par dessus la Manche. À l’aube de la Première guerre mondiale, grâce à sa façade maritime exceptionnelle, on compte rapidement près de 50 hôtels et pensions de famille ainsi que 800 villas.
Entre 1914 et 1918, Wimereux est réquisitionnée et devient alors un gigantesque hôpital britannique. La digue promenade est construite en 1927. Longue d’un kilomètre et demi, elle sera restaurée et modernisée de 1994 à 1998. La ville paye un lourd tribut pendant la Seconde guerre mondiale, beaucoup de villas sont détruites. La reconstruction sera lente et pénible, la station s’attachant à retrouver son dynamisme d’autrefois.

Dates clés

Jean-François Pilâtre de Rozier et son acolyte, Pierre-Ange Romain, s’élèvent des remparts de Boulogne pour tenter la traversée de la Manche vers l’Angleterre. Mais des vents contraires mettent un terme tragique à leur exploit. Le ballon s’enflamme avant de s’écraser près du Wimereux. Ils entrent dans l’histoire de Wimereux à titre posthume.

Comme César avant lui, Napoléon 1er rêve de conquérir l’Angleterre. Il rassemble alors une grande armée sur les territoires de Wimereux et de Boulogne-sur-Mer. Il ordonne également la construction de forts, la création de ports et la fondation d’une ville le long de la rivière « le Wimereux ». Il fait distribuer gratuitement des parcelles, sous réserve que le soldat nouveau propriétaire, y bâtisse une habitation. Mais le projet d’invasion de l’Angleterre échoue. et les travaux s’arrêtent. En 1809, Wimille achète la « garenne du roi », (Wimereux aujourd’hui).

Exilé à Londres, le prince Louis Napoléon Bonaparte débarque dans la nuit, un aigle sur le bras, sur une plage près de Wimereux. Il veut soulever la garnison de Boulogne-sur-Mer et entreprendre un deuxième coup d’état. Son coup d’état échoue lamentablement, il est arrêté et enfermé au château de Boulogne. Les gens du pays, pour railler ce débarquement ridicule, décident de baptiser la pointe de l’aigle en « Pointe à zoies », enfin c’est ce que dit la légende…

L’arrivée des troupes de Napoléon III qui préparent la guerre de Crimée lance le commerce local. Un café et un établissement de bains de mer y sont construit. Lorsque le 18 juillet 1857 paraît le décret ordonnant la prolongation de la ligne de chemin de fer de Boulogne-sur-Mer à Calais, Armand de Ledinghen, maire de Wimille, est le premier à entrevoir et à organiser l’avenir de Wimereux par la location et la vente de terrains à des bâtisseurs.
Pour l’implantation de la gare, le conseil municipal de Wimille choisit le site de Wimereux. Cet emplacement aidera ainsi au développement de la ville balnéaire et reste facile d’accès pour les habitants de Wimille.
Monsieur de Ledinghen fait une donation pour terminer la future église. Deux entreprises du bâtiment s’installent, préfigurant le nouvel essor d’une ville en création.
Le premier train de la ligne Paris-Calais s’arrête en gare de Wimille-Wimereux. Monsieur de Ledinghen avait vu juste : le rail assurera le développement de la station, dont son beau-frère Gustave de Froissy fera la promotion dans les milieux artistiques parisiens. Plusieurs hôtels s’installent et après le déclassement du domaine maritime, un plan d’alignement des rues pour la station est promulgué. C’est la naissance de Wimereux.
Première messe à l’église.

Alfred Giard, zoologiste, crée une station marine à Wimereux. Son chalet existe toujours, complètement intégré au tissu urbain de la ville. Il porte maintenant le nom de « Villa Napoléonette ».

Achèvement du Fort de la Crèche en amont de la pointe du même nom. C’est une batterie côtière en mesure de croiser ses feux avec les batteries du Cap d’Alprech, du Mont de Couppes et de la Tour d’Odre, conçues selon les principes du général Séré de Rivières et construites à la même époque pour défendre le port de Boulogne.

Gugliemo Marconi, physicien, inventeur et homme d’affaires italien réussit la première liaison transmanche par radio entre Douvres et Wimereux. Le message transmis est un télégraphe d’hommage à Edouard Branly, inventeur du cohéreur, sans lequel cette liaison n’aurait pas été possible.
Wimereux est la station balnéaire à la mode : les Anglais y viennent nombreux pour le climat, les bains de mer, les hôtels de luxe, la gastronomie française et les casinos. Désireux de plaire à leur clientèle étrangère et soucieux de développer le golf que les boulonnais ont découvert dans l’Angleterre voisine, les hôteliers wimereusiens créent un « green » pour attirer la « gentry ».
La Belle Époque… Wimereux devient une station balnéaire florissante avec casinos, hôtels de luxe, villas rivalisant d’extravagance architecturale. Les touristes anglais, les familles aisées de Paris et de Lille s’y côtoient et y découvrent les joies des premiers bains de mer.

Décédé et enterré à Wimereux, John Mc Crae, médecin biologiste canadien, est célèbre pour son poème « In Flanders Field » (au champ d’honneur) qui évoque avec simplicité et réalisme sa vision de la guerre.

La décision de construire la digue-promenade est prise. Une initiative qui donna à Wimereux un atout touristique supplémentaire (la Nice du Nord).

La Seconde Guerre mondiale frappe durement la ville. Beaucoup d’immeubles de front de mer sont endommagés ou détruits. En prévision d’un éventuel débarquement des troupes alliées, la côte est fortifiée avec la construction du « Mur de l’Atlantique ». Les ouvertures des villas et hôtels coté mer sont murées. Préalablement à la libération, les alliés effectuent de nombreux bombardements le long de la voie ferrée et sur la Crèche. Le château d’Honvault occupé par la division SS « Nachtigall » est détruit lors d’un bombardement anglais en juin 1944.
Quinze ans après la destruction des deux premiers laboratoires pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’institut de Biologie Maritime et Régionale de Wimereux est enfin inauguré
