Les mareyeurs de Boulogne

Capécure voit débarquer avant le lever du jour de nombreux navires issus de la pêche hauturière, artisanale et côtière. La pêche hauturière appelé également pêche au large comprends la pêche fraîche et la pêche par navire congélateur. Tous les dix jours, ils ramènent entre 30 et 100 tonnes de poissons : lieux noirs, églefins, merlans…
En Manche, près des côtes anglaises et françaises, les chalutiers de la pêche artisanale rapporte quatre tonnes de merlans, maquereaux, encornets tous les deux jours. Les fileyeurs quand à eux, débarquent quotidiennement près d’une tonne de plies, soles et cabillauds. Les mareyeurs occupe une place indispensable entre les pêcheurs et la distribution. Ils sont les intermédiaires entre le pêcheurs et les détaillants. Ils achètent le poisson et le travaillent (découpes, éviscération, décoquillage, filetage, cuisson, salage, fumaison…) pour le revendre en caisses et calibres identiques.
« Mareyeurs-voleurs » pour les uns, accusés de faire grimper les prix du poisson, ils restent pour les autres les « banquiers de la mer », car les mareyeurs connaissent parfaitement la qualité et la valeur des poissons, savent l’acheter à bas coût et le revendre à bon prix, et ce, malgré les problèmes récurrents de comptabilité, de trésorerie et de réglementations.
Même s’il peut naturellement s’approvisionner à l’import, le mareyage reste très dépendant des volumes débarqués dans les ports français, majoritairement frais. Ainsi, sur l’ensemble des produits frais débarqués dans les halles à marée, le mareyage en valorise près de 65% du chiffre d’affaires des criées. La grande diversité des métiers pratiqués par les navires assure au mareyage une offre très diversifiée tant en espèces qu’en qualités. À l’import, les espèces les plus communes sont le saumon, la crevette et le cabillaud.
Dans un contexte de réduction du nombre de navires et des quotas, l’accès à la matière première est aujourd’hui un déterminant majeur de l’activité du mareyeur et fait l’objet d’une grande concurrence.
Avec 35kg de produits de la mer consommés par an et par habitants, le marché des produits de la mer français et l’un des plus important en Europe. Il repose à la distribution sur les grandes et moyennes surfaces, les poissonneries indépendantes et la restauration hors domicile. Depuis plusieurs années, les attentes du consommateur évoluent cependant vers davantage de praticité et des considérations éthiques renforcées.
En réponse, le métier de mareyeur évolue lui également via de nombreuses initiatives collectives et individuelles d’innovation autour des nouvelles transformations, de conditionnement, de valorisation des coproduits… De nombreux mareyeurs sont par ailleurs adhérents à la marque collective Pavillon France et contribuent ainsi à valoriser le made in France.

